La « carte musique jeune » : quid des couacs

La carte musique jeune, c’est une carte lancée en octobre 2010 qui concerne les 12-25 ans pour l’achat de musique en ligne : vous choisissez un partenaire (Fnac, Virgin, Itunes, Deezer, Amazon…), créez un compte sur une de ces plateformes et l’État double votre apport, dans une limite de 25 euros par an.

Le projet se veut tourné vers la jeunesse, c’est une « carte jeune », et on comprend bien que le ministère de la culture souhaite éduquer les jeunes internautes à une façon plus légale de téléchargement musical.

Premières interrogations sur la cible : un pré-adolescent de 12 ans, dont l’accès à Itunes est interdit jusqu’à ses 13 ans ne possède sûrement pas de carte de crédit utilisable sur Internet. Le ministère innove donc avec le deuxième volet de la carte musique : il est possible de l’acheter dans une enseigne généraliste et culturelle.

Les plateformes de téléchargement légal en font de même ; elles lancent elles aussi leurs propres cartes matérialisées. La carte musique jeune se trouvera donc en concurrence avec les cartes de différents sites.

Sur le fond, on pourrait penser qu’il ne s’agira pas de concurrence, le but de l’État étant que les consommateurs de musique achètent légalement, et si possible, peut-on penser, sans avoir à financer l’effort. Mais nous vivons incontestablement une époque où la communication est reine.

Interrogé par Direct Matin, notre ministre de la culture, Frédéric Mitterrand, a reconnu plusieurs défauts autour de l’opération. « Il y avait des défauts techniques – mauvaise ergonomie du site, communication fragile ». Si la carte ne marche pas, c’est d’abord parce qu’ils n’ont pas su bien communiquer…

Alors on peut s’interroger sur le but de cette campagne et par là même sur la communication du ministère de la culture : même si le téléchargement légal entre dans les mœurs, on ne pourra que constater un faible engouement pour la carte du ministère, puisque les derniers titres de l’actualité nous annoncent les résultats de la manière suivante : « Frédéric Mitterrand le reconnaît lui-même, l’opération est un échec cuisant avec seulement 50 000 ventes en 1 an. ».

La carte est un échec. Que le téléchargement légal se porte peut-être mieux, il n’en est pas ici question.

Et finalement, pour le ministre, si la communication n’était pas bonne, le principal problème reste quand même les internautes eux-mêmes. « Nous devions faire admettre à des gens qui font les choses gratuitement qu’il faut les payer ».

Dans une période où les bourses du Crous obligent une partie des étudiants à ne manger que des pâtes au beurre, on peut en effet se demander si l’achat de cartes de téléchargement légal où le morceau se vend sur Internet à hauteur de 1 euro se place comme une priorité citoyenne pour la jeunesse de France.

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