Kino Session, bientôt la 30ème !

La Kino  fait son bout de chemin et prend aujourd’hui de l’ampleur : l’occasion de revenir sur les origines du projet, le fonctionnement, les moyens et l’avenir…

Interview de Brice Perrochon, président de l’association.

-La Kino Session, ça vient d’où ?

Kino Session est issue du mouvement Kino qui a vu le jour à Montréal en janvier 1999. Un groupe d’amis se lance le défi de faire un film par mois et de le projeter en public en attendant l’an 2000 et la fin du monde. Le 31 décembre, passé les 12 coups de minuit, ils sont toujours en vie !… Et le concept a vraiment fait des adeptes. Ils décident alors de se lancer un nouveau défi : faire un kino en 48h. C’est l’idée du kino kabaret. Une délégation part en Europe sur les plus grands festivals de courts-métrages et présente le concept avec un slogan simple à retenir : Faites bien avec rien, faites mieux avec peu, faites-le maintenant. L’engouement ne tarde pas et des cellules se créent un peu partout dans le monde. Aujourd’hui la planète Kino compte plus d’une centaine de cellules réparties sur 4 continents.
Kino Session est l’une d’entre elles. Elle voit le jour en 2005.

-Quel est le principe de la Kino bordelaise ?

Elle a un fonctionnement un peu particulier : tous les 2 mois l’association lance le défi à qui veut le relever (débutants, amateurs, professionnels…) de réaliser un court de 5 minutes maximum selon un thème et une contrainte votés par le public. Les kinos sont alors diffusés sans compétition ni censure à l’occasion des soirées – les sessions – organisées par l’association et au cours desquelles le thème et la contrainte de la session suivante sont votés.
Depuis sa création Kino Session a ainsi contribué à la création de plus de 600 films et a accueilli plus de 10 000 personnes à l’occasion des différentes sessions.

-Aujourd’hui, quelles sont les évolutions ?

Depuis cette année, Kino Session ne se résume plus simplement aux sessions. Nous travaillons sur deux autres projets :

  • la création d’une Kino school qui prendra la forme de stages d’une semaine encadrés par un réalisateur professionnel destinés à donner à des débutants l’ensemble des bases pour réaliser un court-métrage.
  • La création d’un Festival Kino qui rassemblera outre notre public, un bon nombre de cellules étrangères autour de plusieurs activités telles qu’une compétition de court-métrage, un kino kabaret, une master class, et bien entendu des projections ! Il se déroulera dans le cadre de la première édition du Festival International du Film Indépendant de Bordeaux organisé par l’association Semer le doute.

En bref, si je devais résumer ce qu’est kino en quelques mots, je dirais que :

  • Kino est un réseau
  • Kino est un laboratoire de création
  • Kino est une alternative par rapport aux schémas classiques et officiels de création vidéo

-Quel est le public qui se déplace aux sessions ?

Au départ le public de Kino Session était majoritairement étudiant. Cela venait simplement du fait que les fondateurs de l’association étaient tous étudiants. Aujourd’hui la donne a clairement changé à tel point qu’il est difficile de dresser un portrait robot du public de l’association. Nous pouvons tout de même dire qu’il s’agit majoritairement d’un public de jeunes, d’actifs, et de personnes sensibles à la culture au sens large.
De films faits avec les moyens du bord, les réalisateurs se sont naturellement orientés sur des productions plus ambitieuses en sollicitant d’autres compétences. C’est ainsi que des comédiens, des graphistes, des musiciens, des photographes, des professionnels du son, de la lumière et bien d’autres sont venus gonfler le rang des kinoïtes.

-Comment communiquez-vous sur les Kino Sessions ?

Si nous accordons une grande importance à notre image, en travaillant par exemple avec des graphistes reconnus pour la création de nos flyers, notre communication est surtout fondée sur le réseau, et le bouche à oreille. Nous faisons peu, voir pas de relations presse, aucun achat d’espace, notre diffusion de flyers est quelconque, et pourtant nous constatons une augmentation constante de noter public. Nous avons par exemple fait une session place Camille Jullian cet été qui a rassemblé près de 1500 personnes. Pour notre prochaine session qui se déroulera le 15 décembre au BT59, nous avons du mettre des films sur liste d’attente pour préserver un temps de projection acceptable. Cette session sera la 30e, et pour fêter comme il se doit cette soirée anniversaire, deux djs viendront prolonger la nuit jusqu’à 5 heures du matin. Preuve que Kino Session croise beaucoup de disciplines artistiques.

-Financièrement, comment vous débrouillez-vous ?

A l’heure actuelle, l’association fonctionne uniquement sur l’énergie bénévole. Mais nous sommes tous conscients que l’évolution de l’association passera obligatoirement à court terme par une embauche. Pour cela encore faut-il accéder à certaines ressources. Au niveau des institutions publiques, notre image est quelque peu galvaudée. Nous avons souvent l’image d’une association de potes qui font « joujou » avec une caméra. S’il ne faut pas nier que la création de Kino Session s’est faite sur cette notion, ce n’est plus du tout le cas aujourd’hui. Nous avons des réalisateurs professionnels qui participent à nos événements, nous gérons plus de 600 personnes tous les deux mois, animons un réseau créatif qu’il faut relancer sans cesse.

Ce travail ne se fait pas sans une certaine organisation et un certain professionnalisme. Nous sommes la structure la plus prolifique en termes d’autoproductions audiovisuelles en France. Pourtant, les collectivités locales – alors qu’elles n’ont pour la plupart jamais assistées à une session – ne sont pas ou peu sensibles à notre projet.

Notre fonctionnement est donc fondé presque exclusivement sur l’autofinancement et l’optimisation des coûts. Sur ce dernier point nous ne sommes pas loin d’être imbattables !

-Justement, combien vous coûte une session ?

Entre 1000 et 2000 euros. Cette somme comprend la location de la salle, du matériel de projection, de la scénographie, la communication etc…
Au niveau sponsors, l’Agence 2e2f qui est l’organisme responsable de l’ensemble des programmes de mobilité étudiante (type ERASMUS) nous apporte un soutien significatif sur le Festival International Kino. Cette aide va notamment nous permettre de lancer un appel à réalisation de court métrage au niveau international qui débouchera sur une sélection officielle à l’occasion du festival.

Si nous déplorons parfois le manque de soutien public, nous ne le prenons pas pour autant comme une fin en soi ou une fatalité. Nous échangeons beaucoup avec les autres cellules kino, et notamment avec la cellule de Montréal. Leurs soutiens sont exclusivement privés. Ils ont construit un modèle leur permettant de lever des fonds non négligeables qui leur permettent d’investir dans du matériel, salarier une personne, et parfois même tourner en pellicule. C’est cette direction que nous souhaitons également explorer.


-Pouvez-vous nous en dire un peu plus sur la 30ème qui a lieu prochainement ?

Comme je le disais, pouvoir revendiquer la création de plus de 600 films, ou de 10 000 personnes touchées, tout ça de manière bénévole et autofinancée n’est pas anodin. Nous avons parfois du mal à croire que nous sommes encore là après 29 sessions et que cela suscite toujours le même engouement. La 30e session est donc un peu une date anniversaire, un palier que nous souhaitons partager et passer de manière festive. C’est pour cela qu’il s’agit d’une session featuring, avec une première partie classique avec la diffusion des kinos réalisés pour l’occasion mais aussi avec une scénographie, quelques retours en arrière et surprises en plus, puis à partir de minuit une session musicale avec les djs Samy Ado et Mario K !
Cette session n’a pas été facile à monter étant donné les coûts engendrés, et l’attente qu’elle suscite. Mais une fois de plus nos partenaires, et le BT59 ont joué le jeu pour que nous puissions rentrer dans nos frais.

-Que peut-on souhaiter à la Kino Session ?

De garder la fraîcheur et l’énergie créative qui anime notre projet

De pouvoir nous retrouver pour parler de la 60e session. Cela signifiera que nos efforts pour structurer l’association afin de la pérenniser auront porté leurs fruits.

De pouvoir toucher un public encore plus large. Cela passe par de nouveaux projets comme la kino school, l’organisation de sessions plus ambitieuses, et des modes de diffusions plus larges.

Que le festival international kino soit un succès.

De pouvoir créer et donner encore de meilleurs outils aux Kinoïtes au service de la création

De pouvoir aider de vrais talents à vivre de leur passion.

Prochaine Kino Session (anniversaire 30ème)
Le jeudi 15 décembre 2011 au BT59
Thème : L’effet papillon
Contrainte : Un baiser de cinéma
P.A.F : 3€

 http://www.kino-session.com

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